Auteurs présents sur le festival 2022

 

Le droit du sol

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Auteur/dessinateur

En juin 2019, Étienne Davodeau entreprend, à pied et sac au dos, un périple de 800 km, entre la grotte de Pech Merle et Bure. Des peintures rupestres, trésors de l’humanité encore protégés aux déchets nucléaires enfouis dans le sous-sol, malheur annoncé pour les espèces vivantes. Étienne Davodeau, sapiens parmi les sapiens, interroge notre rapport au sol. Marcheur-observateur, il lance l’alerte d’un vertige collectif imminent et invite à un voyage dans le temps et dans l’espace. De quelle planète les générations futures hériteront-elles ? Qu’allons-nous laisser à celles et ceux qui naîtront après nous ? Comment les alerter de ce terrible et réel danger pour leur survie ? Il est de notre responsabilité collective d’avancer sur les questions énergétiques pour protéger la « peau du monde ». Dans cette marche à travers la France, il est parfois accompagné d’amis, de sa compagne, mais aussi de spécialistes, qu’il convoque sur ces sentiers pour qu’ils nous racontent l’histoire unique du sol de notre planète, ou encore celle du nucléaire et de ses déchets, dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années. À la marge du témoignage et du journalisme augmenté, le Droit du sol marque le grand retour d’Étienne Davodeau à la bande dessinée de reportage.

Être d'ici et venir d'ailleurs

Scénariste/auteur/dessinateur
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C’est la troisième fois que notre « BD locale » aborde le thème de l’immigration. La première année, en 2006, nous avions publié « Sans Papiers, une histoire choletaise », ouvrage illustré par un artiste breton, Fanch Ar Ruz, reportage dessiné déjà qui relatait l’histoire d’une jeune maman marocaine, séparée de son premier mari, demandant à plusieurs reprises sa régularisation et se trouvant sous la menace d’une conduite à la frontière. Séparée de son bébé par la justice suite à une dénonciation, elle sera sauvée grâce une action militante locale, notamment menée par le comité Oumar Diallo dont on reparlera plus loin.

En 2009, nous publions pour le Festival une oeuvre collective « Le monde dans un mouchoir » et ce sont deux jeunes dessinateurs de l’association « Vide-Cocagne » de Nantes qui vont apporter au texte leur contribution d’illustration et de mise en page. Cet ouvrage se voulait être le témoignage d’une diversité nouvelle de la population choletaise basée sur la croissance industrielle des années 60-70, constituée de portugais, marocains, espagnols, algériens, pays de l’Est...Puis, à partir de 1975, les raisons du déplacement des populations seront multiples, regroupement familial, travail, conflits dans les ex- colonies... Et aujourd’hui, qu’en est-il ? 

Une nouvelle contribution à cette thématique nous est apparue nécessaire, et la démarche ici est de rendre compte des parcours migratoires actuels. En lien avec deux associations choletaises, le Comité Oumar- Diallo et Misolcho (Migrants-Solidarité-Choletaise), nous voulons raconter quelques parcours de femmes et d’hommes récemment arrivés sur le sol français, pour d’abord leur laisser un moment la parole... Le migrant est souvent un être sans voix, seul, diminué, qui a besoin de l’autre pour retrouver son autonomie et son indépendance. Ceux qui vivent ici peuvent donner à ceux qui viennent d’ailleurs un moment solidaire. Parfois ces migrants sont partis mais n’arrivent jamais. Ils vivent en continu les problèmes d’identité, de travail, de logement, de nourriture... Leur intégration dans la société qui les accueille est primordial.

Et puis pour comprendre pourquoi, au péril de leur vie, beaucoup d’entre eux traversent la méditerranée, venant d’Erythrée, du Soudan, de Guinée, pour tenter de se construire une nouvelle vie dans un pays dont la plupart parle la langue. Les raisons de cet exil sont les mêmes mais ils sont aussi nouveaux, religieux, politiques, économiques, voire écologiques, et c’est une dimension nouvelle qu’il va falloir intégrer politiquement pour comprendre et préparer l’avenir commun.

 
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FLIC

Valentin Gendrot / Thierry Chavant

Début septembre 2020, nous publions le livre de Valentin Gendrot FLIC – un journaliste a infiltré la police, récit d’une plongée en apnée dans la police française. À sa parution, ce livre fait la une du journal Le Monde et de la presse internationale. L’ouvrage fait réagir le préfet de police de Paris et le ministre de l’Intérieur français. L’IGPN déclenche alors une vaste enquête. Le livre s’écoule à 50 000 exemplaires en quatre mois et est traduit dans cinq langues. L’idée de cette adaptation en bande dessinée est née de la rencontre entre Valentin Gendrot et Thierry Chavant, dessinateur de la BD-enquête Sarkozy- Kadhafi, des billets et des bombes. Les deux auteurs partageaient une volonté : créer un récit graphique autonome du livre originel. monde félin imaginé par le dessinateur Thierry Chavant remplit ce rôle. Un décor réaliste, des corps d’humains, des têtes de chats. Le dessinateur fait ainsi d’une pierre trois coups : il permet au lecteur de se défaire de ses a priori (positifs comme négatifs) sur les policiers, il garantit l’anonymat des personnes côtoyées tout au long de l’infiltration et, enfin, ces personnages-animaux offrent une puissance narrative digne d’une fiction.

 

LA FORCE DE L'ORDRE

Didier FASSIN, Fréderic DEBOMY

Jake RAYNAL

La Force de l'ordre Paru le 21 octobre 2020 Une saisissante enquête anthropologique auprès de policiers en banlieue parisienne. L'engrenage terrible de l'ennui, de la pression du chiffre et des éruptions de violence... adapté d'un essai qui fit date. D. Fassin a partagé pendant deux ans le quotidien d'une brigade anticriminalité. Loin des imaginaires du cinéma ou des séries, il raconte l'ennui des patrouilles, la pression du chiffre, les formes invisibles de violence et les discriminations. Cette enquête « ethno-graphique » montre à quel point les habitants de ces quartiers restent soumis à une forme d'exception sécuritaire

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ALICE MILLIAT
Pionnière Olympique

Didier QUELLA-GUYOT/CHANDRE/MARIE MILLOTTE/LAURENT LESSOUS

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Fondé sur une recherche rigoureuse dans la presse, les archives filmées, les archives de la fédération internationale d'athlétisme et les archives du Musée national du sport à Paris, ce récit est écrit de façon vivante et agréable. Instructif, il comble de surcroît un vide historiographique total. C'est un sujet neuf, soit une nouveauté complète et, aussi, une réhabilitation. Le nom d'Alice Milliat sera donné ce printemps à un nouveau gymnase à Paris.

L'histoire du sport féminin est retracée à travers celle d'une de ses principales figures et initiatrices : Alice Milliat. Au fil des événements sportifs de l'athlétisme et des sports collectifs féminins, entre 1917 et 1938, l'auteur raconte comment furent créées les deux fédérations (nationale et internationale) qui réuniront jusqu'à 32 fédérations nationales, organiseront des jeux féminins et obtiendront leur participation aux Jeux olympiques «officiels» à partir de 1928 (Jeux d'Amsterdam). L'accueil que les femmes réservèrent à ce mouvement fut une telle réussite qu'en 1933 on estimait à plus de 50 000 le nombre d'adhérentes de la fédération française de sport féminin (la FFSF). Un ordre de grandeur : la FF de Football revendiquait 300 000 licenciés en 1939. Par contre, après-guerre en 1946, les sportives licenciées ne seront plus que 6 000 car, entre-temps, les deux fédérations avaient été attaquées au point de disparaître

 
 
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KLAUS BARBIE
LA ROUTE DU RAT

Jean Claude BAUER
 

Responsable de la mort de centaines de Juifs et de résistants, dont Jean Moulin, le SS Klaus Barbie échappe à la justice et à une double condamnation à mort à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Quittant finalement son Allemagne natale pour l'Amérique du Sud, il y applique les mêmes méthodes et va jusqu'à organiser le coup d'État du dictateur Hugo Banzer. Véritable mercenaire, celui que l'on surnommait le Boucher de Lyon est finalement reconnu, puis traqué, jusqu'en 1987, date fatidique de son jugement et de sa condamnation, sans précédent en France : prison à perpétuité pour crime contre l'humanité.

Fruit du travail conjugué de Frédéric BRÉMAUD et de Jean-Claude BAUER – qui a couvert le procès de 1987 pour Antenne 2 –, KLAUS BARBIE, LA ROUTE DU RAT retrace la vie de l'un des plus grands criminels de guerre du XXe siècle. S'appuyant sur des sources historiques et la participation de Jean-Olivier VIOUT, substitut général durant ce procès historique, ou encore de Serge KLARSFELD, grand défenseur de la cause des déportés juifs – qui signe la préface de cet ouvrage –, ils aboutissent à un récit nécessaire, témoignant de l'un des procès les plus retentissants de l'Histoire.

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LAURE ET ADA
Christophe EDIMO
et Nadège GUILLOUD-BAZIN

Entre mars 2017 et juin 2017, au coeur de la forêt équatoriale, la rencontre
amoureuse entre Ada, paysanne camerounaise, et Laure, médecin urgentiste française. Dans un contexte culturel et légal hostile à l’homosexualité.